La translocation t(14 ; 18) : un marqueur prédictif du lymphome folliculaire
B Nadel
Synd. Lymphoprolifératifs matures : aspects biologiques
Engagement de cession de droits
S Roulland (1); E Morgado (1); R Kelly (2); S Sungalee (1); B Nadel * (3);
(1) Centre D’Immunologie de Marseille-Luminy, Aix-Marseille Université, Marseille; (2) Mrc-Hpa Center For Environment And Health, School Of Public Health, Imperial College, Londres, Grande-Bretagne; (3) Center Of Immunology Of Marseille Luminy, Aix-Marseille University, Marseille.
EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) group
Introduction

La translocation t (14 ; 18) constitue la signature génétique et l’évènement initiateur du lymphome folliculaire (LF). T (14 ; 18) est cependant détectable dans le sang de la majorité des individus sains, une observation jusqu’à présent sans relation démontrée avec la progression tumorale. L’objectif de cette étude était de déterminer si les cellules t (14 ; 18) + circulantes chez l’individus sain représentent les précurseurs directs du LF, et si leur détection et/ou quantification a valeur prédictive du risque de développement de la maladie.

Matériels et Méthodes

Parmi 520,000 volontaires sains recrutés dans la cohorte EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), nous avons identifié 62 personnes qui ont développé un LF 2 à 135 mois plus tard. Les échantillons sanguins pré-diagnostiques de ces personnes et de 143 contrôles ont été criblés pour la t (14 ; 18), quantifiés par des approches PCR sensibles, et la relation clonale avec le LF testée par backtracking moléculaire avant et après l’incidence tumorale.

Résultats

L’analyse des points de cassure t (14 ; 18) dans les échantillons pré-diagnostiques et tumoraux appariés révèle une même identité clonale, démontrant que les cellules t (14 ; 18) + détectées chez les individus sains étaient bien les précurseurs des tumeurs apparues jusqu’à 10 ans plus tard. De plus, nous avons observé que dans le groupe d’individus ayant développé un LF, les fréquences de t (14 ; 18) atteignent des niveaux jamais observés auparavant, et significativement supérieurs à ceux de la population contrôle (p<10-3). Nous avons pu estimer que les individus dont les fréquences dépassent un seuil donné présentent un risque associé >15 fois supérieur de développement d’un LF (95%CI, 4.34 to 57.04 ; P = 2.7x10-5). De façon surprenante, aucun biais n’est observé pour les individus dont le diagnostic est survenu peu après le recrutement, les estimations de risque restant significatives quelle que soit la période de temps précédant le diagnostic (<6 ans, OR, 18.2 ; 95%CI, 4.6 to 71.7 ; P<0.001 ; >6 ans, OR, 16.5 ; 95%CI, 3.2 to 85.6, P = 0.001).

Conclusion

La fréquence de t (14 ; 18) dans le sang définit le premier bio-marqueur prédictif du lymphome, effectif des années précédant le diagnostic.